Travailler au Chili : Comment trouver un emploi au Chili ?

Travailler au Chili

Êtes-vous un étranger qui souhaite venir vivre et travailler au Chili ? Vous vous demandez par où commencer ? Comment décrocher des entretiens d’embauche et réussir à trouver du travail au Chili ?

Cet article vous donne des clés sur le marché du travail chilien, le permis de travail et la procédure à suivre pour décrocher un emploi.

Le marché du travail chilien

Le Chili est l’un des pays les plus stables et les plus prospères d’Amérique latine. Du point de vue économique, le pays se situe au même niveau que des pays comme la Pologne ou la Turquie (en termes de PIB par habitant).

Son marché du travail est fortement orienté vers les industries de services et de ressources naturelles. Ainsi, les industries minière, forestière et agricole bénéficient d’une forte croissance économique depuis plusieurs décennies.

Pourtant, ces dernières années, la croissance a commencé à ralentir (en particulier dans le secteur minier) et des signes laissant à penser que le Chili pourrait entrer en récession. Le Chili a récemment change ses règles migratoires, pour réduire l’afflux d‘immigrants en provenance de pays comme le Pérou, la Colombie, la République dominicaine, Haïti, le Venezuela et l'Espagne. Il faut désormais pouvoir démontrer d’un niveau d’études suffisant, et/ou des économies disponibles pour vivre au Chili pendant que vous cherchez un travail. Sinon, il est possible de se voir refuser l’entrée dans le pays.

Types d'emplois disponibles

Les emplois auxquels vous pourrez prétendre dépendent beaucoup de votre niveau d'espagnol.

Emplois qui ne nécessitent pas de maitriser l'espagnol

Si vous ne parlez pas l’espagnol, ou que vous ne disposez pas d’un niveau avancé, vous pouvez cependant prétendre aux postes suivants:

  • Professeur de français dans un institut privé (400,000 à 800,000 CLP / mois) ou en offrant des cours privés (5,000 à 13,000 CLP / heure)
  • Réceptionniste / agent touristique / guide touristique, etc. (300,000 à 700,000 CLP / mois)
  • Vente de produits maison à d'autres étrangers (confitures, fromage français, marmelade maison, beurre de cacahuète américain, etc.)
  • Emplois dans des entreprises internationales nécessitant une solide maitrise de l’anglais ou du français et / ou des compétences techniques spécifiques pour lesquelles il existe une forte demande au niveau local. Des postes très spécifiques d’ingénieur où la communication peut se faire en anglais sont de bons exemples.

Emplois nécessitant une maitrise de l'espagnol

Une fois que vous parlez espagnol correctement, vous aurez accès aux mêmes opportunités d’emploi que les Chiliens. Notez cependant que les opportunités peuvent encore être très différentes de chez nous, car au Chili (comme dans la plupart des pays d'Amérique latine):

1) Les employeurs ont tendance à penser que vous travaillerez exclusivement dans le domaine dans lequel vous avez obtenu votre diplôme, quelles que soient votre expérience professionnelle antérieure.

Pour résumer :

  • Si vous avez étudié la médecine, vous deviendrez médecin.
  • Si vous avez étudié l'histoire, vous deviendrez professeur d'histoire.

2) Les employeurs ont tendance à valoriser certains diplômes et universités beaucoup plus que d’autres.

Un diplôme d’ingénieur-commercial (spécificité du chili, mélange entre école de commerce et d’ingénieur), en droit, en médecine ou en économie est considéré comme supérieur à un diplôme en sciences sociales, en sciences humaines, ou en arts.

Quels que soient les classements internationaux, les universités des États-Unis et du Royaume-Uni sont supposées être de meilleure qualité que les universités de Chine, du Japon, de France, d'Allemagne, etc.

Au Chili, quelques universités sont considérées comme étant supérieures aux autres, car beaucoup plus sélectives à l’entrée. La plupart des personnes occupant des postes à responsabilité sont issues de ces universités. Il s’agit de l'Universidad de Chile et de la Pontificia Universidad Católica de Chile.

3) Il n’y a pas beaucoup d’emplois dans certains domaines professionnels, comme les ONG ou les organisations internationales.

4) Enfin, le gouvernement chilien n’autorise pas les étrangers à exercer certaines professions, à moins de passer par une longue procédure de légalisation de leur diplôme étranger.

Les principales professions règlementées sont notamment celles ayant trait à la médecine, ainsi qu’à la protection de la nation (police, armée…). Les avocats étrangers ne sont pas non plus autorisés à plaider devant un tribunal chilien.

Si vous envisagez de travailler dans une profession réglementée, soyez prêt à faire face à beaucoup de bureaucratie, d'incohérences et de retards. Certaines personnes arrivent à faire reconnaître leur diplôme au bout de 6 à 12 mois, tandis que d’autres doivent repasser un diplôme de cinq ans dans le même domaine pour pouvoir exercer leur profession.

Conditions de travail et coût de la vie

Les conditions de travail sont un autre élément important à prendre en compte avant de s’installer au Chili. Bien que le Chili soit un pays avec un bon niveau de développement économique, les salaires sont étonnamment bas, tandis que le coût de la vie à Santiago est comparable à celui de villes de province françaises.

Horaires

Les Chiliens travaillent 45 heures par semaine (de 9 h à 19 h, 5 jours par semaine avec une heure de pause) et ne reçoivent que trois semaines de vacances par an et une dizaine de jours fériés (feriados). Les employés sont censés prendre leurs vacances principalement durant les mois d’été, en janvier ou en février.

Ces horaires lourds, couplés à des salaires bas, impactent la motivation et la productivité des employés, qui est globalement assez faible.

Salaire

Le salaire minimum est de 270,000 pesos chiliens (CLP) et beaucoup de Chiliens ne gagnent pas beaucoup plus que cela. Les jeunes diplômés qui sortent de l’université peuvent percevoir entre 600,000 et 1,000,000 CLP. Peu de chiliens gagnent plus de 2,5 millions de pesos chilien, même en ayant beaucoup d’expérience professionnelle.

Coût de la vie

Certaines choses au Chili sont très bon marché (comme les aliments achetés sur un marché local), tandis que d'autres sont très chères (comme les soins de santé et l'éducation). Comptez au moins 500,000–700,000 pesos chiliens par personne et par mois pour couvrir vos besoins essentiels (par exemple, une chambre dans un appartement partagé, l’alimentation, les transports en commun et quelques sorties de temps en temps.

Comment trouver un emploi au Chili ? Le mode d’emploi… ;-)

Où trouver des offres d’emploi ?

Il existe deux moyens principaux de trouver un emploi au Chili. via votre réseau personnel (ce que les Chiliens appellent un “pituto”, ou piston en français) ou via des sites d’offres d'emploi.

Construire un réseau personnel

Nous vous conseillons ces quelques associations, qui vous permettront de rencontrer des étrangers et des Chiliens ayant un profil international:

  • Santiago Accueil (www.santiagoaccueil.com), association qui accueille les français arrivant à Santiago. Depuis peu, elle comprend un service “Santiago Pro” dédié à l’assistance à la recherche d’emploi
  • Internations (www.internations.org), site web pour expatriés anglophone, comportant des antennes locales dans de nombreuses villes du monde,
  • Association internationale du Chili (www.iachile.org)
  • IPWA - International Profesional Women’s Association (www.ipwasantiago.org)

Utilisation des portails d’offres d’emploi

Les principales offres d'emploi sont disponibles sur les portails suivants:

De plus, vous pouvez également utiliser les sites d'emploi suivants:

Répondre aux offres d’emploi

La plupart des étrangers ont besoin de 3 à 6 mois pour être embauchés quelque part, mais ceux qui cherchent un emploi dans des secteurs très spécifiques peuvent nécessiter un peu plus de temps.

Postuler depuis l'étranger, est-ce utile ?

En théorie, vous pouvez postuler à des postes au Chili depuis n'importe où dans le monde. En pratique, la plupart des entreprises n’étudieront pas votre candidature avant que vous ne soyez au Chili et disponible pour des entretiens avec un préavis de 1 à 7 jours. Pour cette raison, il est vivement recommandé d'arriver au Chili en premier et de commencer ensuite à répondre aux annonces qui vous intéressent.

Processus typique de recrutement au Chili

Une fois au Chili, il sera beaucoup plus facile de trouver un emploi. Pourtant, cela ne sera toujours pas évident. La plupart des employeurs chiliens ne considéreront pas votre candidature avant d'avoir un permis de travail temporaire et ne seront pas intéressés à vous aider à en obtenir un.

Voici ce que vous pouvez attendre du processus de sélection :

Envoi de votre CV

Vous postulez en soumettant un CV dans un format similaire à celui utilisé aux États-Unis et en Europe. Aucune lettre d'accompagnement et aucune photo personnelle ne sont nécessaires.

Entretien téléphonique

Un psychologue (pratiquement tous les recruteurs au Chili sont des psychologues) peut vous appeler pendant 3 à 15 minutes pour vous poser quelques questions de base sur votre expérience professionnelle, votre disponibilité et / ou vos attentes en matière de salaire. Ce premier entretien a surtout pour but d’éliminer les candidatures non pertinentes, sans perdre de temps avec un processus d’entretien d’embauche. C’est pour cela qu’au Chili, quasiment toutes les entreprises vous demandent vos prétentions salariales.

Entretien en présentiel

Si le premier entretien est concluant, un recruteur vous invite à passer un entretien de 30 à 60 minutes à son bureau et / ou à passer des tests psychologiques. Au Chili, les tests de personnalité sont très populaires. On peut citer notamment :

  • le test des couleurs de Luscher, pour analyser l’état émotionnel d’une personne en fonction des couleurs qu’elle choisit.
  • les tests de Rorschach ou Zulliger, durant lesquels vous devez décrire ce que vous inscrire des planches sur lesquelles sont dessinées des taches d’encre.
  • le test de l’homme sous la pluie, durant lequel vous devez dessiner une personne sous la pluie.

Second entretien

Votre futur patron peut vous inviter à participer à un second entretien de 30 à 60 minutes.

Vérification des références et des antécédents

Négociations salariales

Pour avoir une idée générale de ce que devrait gagner une personne occupant un poste donné, consultez :

Démarches après l’embauche

Vous êtes engagé ? Et ensuite ?

Félicitations pour votre embauche ! Vous êtes presque prêt à profiter de votre nouvelle vie au Chili. Mais d’abord, il reste encore quelques formalités à effectuer.

Premièrement, la loi chilienne vous oblige à vous inscrire à un fond de pension et à une assurance maladie et oblige votre employeur à déposer chaque mois 10% et 7% de votre salaire dans ces fonds respectifs. Vous devez également vous inscrire auprès du bureau des impôts et obtenir un compte bancaire local.

Fonds de pension (AFP)

La loi oblige tous les étrangers à s'enregistrer auprès de l'AFP Planvital (https://www.planvital.cl/) pendant les 2 premières années de leur séjour au Chili. En quittant le Chili, il est possible (bien que difficile !) de retirer toutes vos cotisations retraite en même temps, sous certaines conditions, définies par la loi 18.156.

ATTENTION : Ne vous attendez pas à ce que votre pension chilienne constitue une contribution importante à votre pension de retraite. Tous ces fonds de pension sont mal gérés et facturent des commissions excessives. De fait, la France disposant d’une convention retraite avec le Chili, il peut être plus intéressant de faire reconnaître vos trimestres travaillés au Chili par le système de retraite français.

Assurance maladie (FONASA / ISAPRE)

Les employeurs sont légalement tenus de prélever 7% de votre revenu et de le déposer dans l'assurance maladie chilienne de votre choix. Peu importe que vous ayez déjà souscrit une assurance maladie ailleurs dans le monde, votre employeur doit le déposer dans l’un des fonds FONASA / ISAPRE du Chili.

Tous les étrangers sont automatiquement affiliés à FONASA, l’assurance maladie publique du Chili, mais ils peuvent choisir de s’inscrire auprès d’une caisse d’assurance maladie privée (ISAPRE). Pour ceux qui gagnent plus de 600,000 CLP par mois, une assurance ISAPRE offre généralement une meilleure couverture que FONASA.

Voici les principales différences entre FONASA / ISAPRE:

  • FONASA : Soins médicaux gratuits dans la plupart des cas dans des hôpitaux publics sous-financés et mal gérés. Le service est correct pour les problèmes de santé mineurs, mais très problématique pour les affections plus graves.
  • ISAPRE : Soins médicaux privés dans des hôpitaux privés de qualité raisonnable à excellente. Les principales cliniques comprennent la Clínica Alemana, la Clínica Las Condes et la Clínica Indisa. Selon votre âge, votre sexe, votre cotisation mensuelle, vos préférences de clinique et votre état de santé au moment de votre inscription, vous recevrez un tableau répertoriant le pourcentage de couverture par clinique / type de maladie. Il convient de noter que les ISAPRE chargent les femmes en âge d’avoir des enfants à un taux beaucoup plus élevé que les hommes.

ATTENTION : Le système de santé privé du Chili est connu pour ses excès de médicaments et ses patients. Soyez prudent lorsque vous utilisez une clinique privée, car la plupart des ISAPRE ne couvrent généralement qu'une partie de votre facture médicale et les cliniques trouveront de nombreuses astuces pour vous garder plus longtemps à l'hôpital.

Impôts

Tous les étrangers sont légalement tenus de s’inscrire auprès du SII et de déclarer en avril de chaque année leurs revenus obtenus au Chili durant l’année précédent. Pour cela, il vous faut un numéro fiscal.

Lors que vous obtenez votre carte d’identité chilienne, le numéro RUN présent dessus fait automatiquement office de numéro RUT (identifiant fiscal). Si vous commencez à travailler avant d’avoir votre carte d’identité (par exemple avec un permis de travail pendant que votre visa est en cours d’obtention), vous devez solliciter un numéro fiscal temporaire.

Compte bancaire

Une fois que vous avez une carte d'identité nationale chilienne valide, vous pouvez obtenir un compte bancaire local. Le gouvernement chilien permet à tous d’obtenir un compte bancaire de base (CuentaRut) auprès de BancoEstado. Il n’y a pas de frais de tenue de compte, mais des frais sur les retraits et les virements. Par ailleurs, le compte est limité à un maximum de 4,000,000 de pesos. Vous préférerez probablement disposer d'un compte bancaire courant dans une autre banque si vous commencez à gagner un peu d’argent.

S'il vous reste des questions, n'hésitez pas à vous rendre sur le forum Recherche d’emploi de ExpatsInChile.com.

Bonne chance dans votre recherche d’emploi !